M’y voilà dans ce train mythique qui va m’amener jusqu’à Irkoutsk et ce majestueux lac Baïkal. J’arrive juste à l’heure car il toujours difficile de se repérer à Moscou, en effet, 3 gares sont situés juste a côté et il a fallut trouver la bonne. Cette ligne relie en fait st pétersbourg à Vladivostok en un peu plus d’une semaine traversant 7 fuseaux horaires et parcourant environ 9300 kms, dans un premier temps je ferai les 5185 premiers, pour faire un stop au beau milieu de la Sibérie.
Arrivé devant mon wagon, je fais connaissance avec notre provodnista (hôtesse de train), qui fait office de chef de gare, femme de ménage, restauratrice et à a qui on peut faire appel au moindre souci, elles sont deux par wagon, toujours très soignées et ce sont les véritables maîtresses à bord. Comme tout bon russe qui se respecte, elles sont d’une froideur extrême au départ mais se révèlent très serviables par la suite.
Je commence par me tromper, heureusement, car les personnes avec qui j’étais n’avaient pas l’air très avenantes. Au final, je me retrouve avec une femme russe et sa fille, que je vous présenterai plus en détail dans les portraits du monde.
Je m’installe dans un compartiment assez exigu avec 4 couchettes qui va être ma chambre durant 3 jours.
La communication avec mes partenaires de chambre n’est pas trop développée, heureusement que la mère baragouine quelques mots d’Anglais.
Je m’installe tranquillement et prends mes repères, ainsi je me suis aperçu que je n’avais rien prévu pour ce voyage en train, pas de bouquins, pas de bols ni couverts, peu de bouffe, par contre j’avais pas oublié la bouteille de vodka qui m’a dépannée avant ma première nuit.
Le lendemain, entre ordinateur et siestes, je contemple le paysage, bien que la première partie de la sibérie n’est rien d’extraordinaire. ou je traverse des forêts de bouleaux et de pins sous un temps pluvieux pendant des kilomètres puis de vastes étendues de bourbeuses herbages et de lacs.
Heureusement, la journée est animée par des arrêts, plus ou moins long, ou l’occasion m’est donnée de faire quelques provisions. C’est d’ailleurs assez amusant à voir, toutes ces femmes qui se précipitent sur le quai avec leurs chariots, qui s’arrêtent devant les sorties de wagons afin de vendre leur camelote. Elles sont très surveillées par la police et ne peuvent pas vendre n’importe quoi, dont de l’alcool… mais bon, j’ai tout de même réussi à acheter une petite bouteille de vodka en douce, et oui, c’est long 3 jours à bord d’un train.
Les discussions sont peu nombreuses avec les autres voyageurs, les wagons sont occupés en majeure partie de russes et non de touristes.
Mais bon, cela ne m’a pas empêché le deuxième soir alors que je prenais tranquillement un verre à la voiture bar, de faire la connaissance de Vladimir, qui encadrait et accompagnait de jeunes russes à une compétition sportive, et du patron du wagon restaurant. Ils m’ont gentiment proposé un shot de vodka, que j’ai volontiers accepté. Et là, c’était partie, un verre, deux verres… jusqu’à finir leur bouteille. Dans ce cas, la moindre des courtoisies est de rendre l’appareil, je suis donc allé chercher ma bouteille afin de… la terminer !!!! le problème c’est que c’est une chaîne sans fin car le patron bien éméché ramena une nouvelle bouteille, mais je vous rassure, nous n’avons fait que l’entamer. En tous les cas à la fin, je n’ai jamais aussi bien parlé et compris le russe !!! néanmoins, la traversée des 4 wagons qui me séparaient de ma couchette, fut assez difficile….
Pendant les deux autres jours, je traverse des paysages plus jolis et longe des villages constitués de petites maisonnettes en bois.
Le dernier après midi, je rencontre les seuls touristes qu’il devait y avoir à bord. Christian, un italien et sa copine allemande qui faisait à peu près le même circuit que moi pour leurs vacances. Après avoir fait connaissance nous finissons dans leur wagon à jouer au uno, enfin dans leur nouveau compartiment, ils avaient en effet demandés à changer car ils étaient malheureusement en compagnie d’un vieux russe qui se bourrait la gueule toute la journée…
Mais au fait, quelle heure est il ? car traverser 5 fuseaux horaires en 3 jours, il y a de quoi s’y perdre. En fait, nous restons en permanence à l’heure de Moscou sauf à la fin ou on commence à se mettre à l’heure locale, histoire de dormir un peu avant d’arriver à Irkoutsk.
Finalement, on s’habitue vite à rester dans le train en permanence, on s’y fait sa petite vie assez rapidement, si bien qu’à l’arrivée, on se dit : déjà !






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