Iaonara
Bienvenue au bout du monde, pour ceux qui ne savent pas ou se situe l’île de paques, c’est à 4000 km de tahiti et 3700 km du chili, pour ainsi dire au milieu de nul part… Cela en fait d’ailleurs l’un des endroits et l’une des populations les plus isolées du monde, comment ce bout de terre de 170 km carré au milieu du pacifique est arrivé ici ? C’est aussi l’une des trois extrémités du triangle polynésien avec la nouvelle zélande et hawai, ah, vous ne saviez pas que la polynésie était aussi grande ? et bien, moi non plus….
La réputation de l’île de Pâques tourne principalement autour de ces fameuses statuts, moais, qui y sont érigées. Ile mystique, avec une culture fascinante mais un peu difficile à comprendre tellement les histoires sont nombreuses au sujet de cette île.
J’arrive donc comme d’habitude sans n’avoir rien réservé, on m’avait bien donné quelques adresses lors de mon passage à tahiti mais bon j’ai tout perdu… et là, ça ne parle plus français mais espagnole, ou là là, je m’étais dis que lorsque je commencerais à entendre parler espagnol j’attaquerais la dernières grande partie de mon voyage, le début de la fin en quelque sorte.
Je me trouve une pension chez l’habitant bien sympa et très tranquille, je sens que je vais bien me reposer, et puis quel plaisir d’avoir sa propre chambre et de pouvoir déballer toutes mes affaires ! je suis accueilli par sandra, genre mama sud américaine, et là je commences à gôuter à l’accueil chaleureux sud américain. Bon pour ceux qui ne savent pas, je ne parle pas un mot d’espagnol enfin deux ou trois par ci par là, et me voilà en train de taper la causette avec mon hôte, ca va ça pas l’aire trop compliqué comme langue.
C’est parti pour la visite de l’île ou je m’étais dis au départ que j’aurais largement le temps de tout faire tellement c’est petit, mais j’avais oublié deux choses : la première est que l’ile est pleine de trésors cachés à découvrir et surtout la seconde est que je suis belle et bien arrivé en Amérique du sud. Ici, encore plus qu’ailleurs, l’ambiance et les rencontres sont encore plus passionnantes que la visite d’un endroit en lui même, surtout avec les rapa nui !
Après m’être un peu reposé, et oui je n’étais plus habitué à avoir 4 heures de décalage horaire, je pars me balader à pied sur la côte. Je passe par une grotte remplit de peinture ancestrales, ou je rencontre des marquisiens, qui après quelques phrases échangées me proposent de venir avec eux dans le 4×4 pour faire le tour de l’ile, trop sympa ! et là je ne savais encore pas qu’une longue journée m’attendait… j’ai en plus eu le privilège de pouvoir bénéficier de la guide qui les accompagne et pas n’importe qui puisqu’elle bosse pour l’unesco… j’apprends du coup un peu de l’histoire de l’île, tous les moais de l’île sont tournés vers l’ile afin de la protéger, à l’exception d’une ligne de moais qui regardent la mer et plus particulièrement les îles marquises car l’ile de Pâques serait la septième île des marquises en polynésie française… bon, j’arrête là pour l’histoire car je ne voudrais pas raconter de conneries. Nous roulons dans les chemins la bière à la main, passant par une cric pour aller chercher de l’argile, les côtes sauvages et escarpées qui bordent l’ile, des collines verdoyantes, une plage de sable rose, cette île est vraiment de toute beauté !!!
Tout cela avec des marquisiens vraiment adorables, si gentils qu’ils m’invitent à partager le repas du soir et à assister par la même occasion aux danses rapa nui et marquisiennes car ils sont visiblement là dans le cadre d’un échange culturel… apparemment, j’ai vraiment de la chance de pouvoir y assister car aucun touriste n’est autorisé à être ici. Moi qui n’avait pas eu l’occasion d’assister à un spectacle à tahiti, me voilà comblé, avec deux danses d’un coup. Je me rend aussi compte que leur culture est très proche de celle des maoris, j’ai l’impression de voire l’équipe des all blacks danser le Haka. Après avoir mangé le poisson et le riz avec les mains me voilà dans la rue à discuter avec tout le monde attendant que le bar ouvre spécialement pour les marquisiens…nouveau pays, nouvelle bière, l’escudo cette fois ! et jusqu’à quatre d’heure du mat, j’ai bien eu le temps de l’apprécier si vous voyez ce que je veux dire. La pleine lune éclaire l’île et les moais, la route ne me semble pas très droite, ou suis je ?
Levée difficile et la journée du lendemain n’aura pas été très constructive mais ça fait du bien de glander de temps en temps, comme un dimanche à la maison après un gros samedi soir. Vous vous dites que j’exagère peut être de dire que j’ai passé une journée à glander, pensant que c’est ce que je fais tous les jours, pas du tout, je dirais même que c’est parfois fatiguant, non, non, je ne me plains pas. Lendemain, on prend les mêmes et on recommence car cette fois le temps n’est pas trop clément. Trois heures, bon faut que je me bouge un peu, du coup je loue un vélo pour monter faire le tour de l’un des trois volcans de l’île. Et je peux vous dire que la montée m’a bien réveillée, c’est que je n’aurais plus l’habitude de faire du sport, tant pis, je marche à côté du vélo… néanmoins le site en valait vraiment la peine, étonnant de voire ce volcan remplit d’eau douce juste séparé de l’océan par une falaise vertigineuse. La descente par contre fut un vrai bonheur, sauf que il n’y avait pas trop de freins sur le vélo, descente rock n roll !
Le soir, je me décide à sortir afin d’aller voire un spectacle local qui lorsque j’arrive vient juste de finir. Mais ce soir là, il m’est arrivé quelque chose d’un peu étrange. Tout d’abord, je me retrouve sur la route face à un groupe de chevaux en train de galoper dans tous les sens, je dois avouer pas trop rassuré en pleine nuit, je me réfugie quelques instants dans un petit chemin afin d’éviter de me retrouver face à face avec eux, c’est pleine lune alors certes ce n’est pas le noir total mais j’ai l’impression que les chevaux sont un peu excités. Quand un mec en 4×4 ralentit pour me demander si je veux qu’il me dépose quelque part, cool, moi qui était un peu fatigué, ça m’évitera de marcher. On s’arrête devant le bar ou le spectacle était terminé alors il me dit, viens je t’emmène dans le centre du village mais avant j’ai une course à faire, ok allons y… puis le voilà qu’il commence à s’engouffrer dans des chemins, oh là, là, sur qui je suis tombé surtout que le mec est du genre rapa nui un peu balaise. Tout de suite, je me dis que je vais me faire attraper dans un coin , je peux vous dire que j’avais la main sur la portière prêt à sauter de la voiture. J’ai l’impression qu’il me fait un peu les yeux doux et j’évite de croiser son regard, dans quoi me suis je embarqué… il commence à rouler un peu plus dans les terres de île pour me faire visiter, je veux bien mais il fait nuit là… il s’arrête près d’une cric et m’offre une bière, décidément de plus en plus louche cette histoire. Je fais celui qui n’a pas peur et me prête facilement à la conversation histoire de montrer que je suis confiant. Bon, on va y aller maintenant non ? il me ramène à ma maison en me racontant un peu l’histoire de l’île et puis me propose via l’hôtel ou il travaille de m’offrir une journée d’excursion avec le bus et le guide de l’hôtel… rencontre étrange et mystique tout comme cette île, alors gentillesse des rapa nui ou homo qui cherchait de la compagnie ? enfin, je rentre sain et sauf dans ma chambre sans même être allé boire un verre.
Aujourd’hui c’est pâques, et je le passe ou ? sur l’ile de paques, c’est pas beau ça ? non, non, ce n’était pas fait exprès….
Aujourd’hui, c’est cheval le long de la côte, entre falaises, sites historiques, collines verdoyantes magnifiques, et même une superbe plage. Pour le cheval, c’est pour une heure ou la demi journée ? euh, pour une journée… 8 heures sur un canasson, ok c’est super, c’est beau et tout et tout mais je peux vous dire que mon fessier s’en souviendra pendant quelques temps ! j’ai même chopé deux énormes ampoules qui m’auront quelque peu handicapées pour m’asseoir les jours qui suivirent. Bon faut dire que je l’ai bien cherché car ca n’allait jamais assez vite pour moi alors en fin de journée, le mec me dit, tu veux faire du galop ? yes, et c’est parti pour une demi heure, trois quarts d’heure à fond, j’ai cru que j’allais me casser la gueule à la fin tellement j’étais mort, et que dire de ce poteau que j’ai évité de peu… c’est bon là ? oui, oui, j’ai bien compris là, j’ai bien compris (dixit les bronzés) !
Lendemain, je décide d’aller découvrir les fonds marins, bien moins poissonneux qu’en polynesie bien sure mais il paraît que ça vaut le coup car la visibilité y est impressionnante. Malheureusement, les conditions n’étaient pas optimales lors de mon passage, ça remue pas mal ! mais la sensation de la houle sous l’eau est sympa, on lutte pour essayer d’avancer même si en fait, on fait du sur place puis d’un seul coup on est aspiré par le courant, puis ça recommence, on se croirait dans un manège. On passe devant un moais, et oui, ils ont même réussi à en mettre sous l’eau ! Les coraux forment plein de grottes et de caves, ils prennent parfois la forme de gros champignons, on pourrait se croire dans une reconstitution de village, on se croirait dans le village des schtroumpfs ! non, non les champignons n’avaient rien à voire avec ceux que j’ai pris à bali… henry , l’instructeur, fait le malin en attrapant un poisson et en faisant semblant de le remonter comme un jouet pour les petits… ça me fait marrer, mais je suis plus impressionné lorsqu’il me raconte par la suite son parcours. Le mec a bossé 25 ans sur le calypso avec cousteau, c’est lui qui a accompagné nicolas hulot dans certaines de ses expéditions sous marine, qu’il a exploré les fonds du lac baikal pour que les télévisions puissent tourner des reportages, j’en passe et des meilleures.. ah oui, j’ai pas plongée avec un rigolo apparemment !
La tête juste sortie de l’eau, je pars pour la journée en 4X4 avec mes colocataires de pension, tous tour du mondiste. Un couple de suisses, qui font pratiquement le même chemin que moi pendant un an et un australien, qui lui est parti pour un tour du monde de cinq ans, je suis ridicule à côté !
Cette île est vraiment superbe, l’ambiance est décontractée dans la voiture, mais ou il faut rester vigilant afin de ne pas percuter un cheval. Ils sont en libertés sur l’ile, ce qui donne parfois, surtout dans le village, un air de far west. Après quelques sites ou je suis surpris de voire autant de moais à terre, nous passons par la carrière, endroit ou ils fabriquaient les statuts dans la pierre volcanique et le site de tongariki avec ces quinze moais qui se tiennent debout juste devant moi avec l’océan en second plan, impressionnant !
Ce soir c’est samedi et au contraire des îles de polynésie, ça bouge un peu ici. Je pars avec mon pote australien, mais sans les petits suisses. Visiblement, c’est un peu calme, bon on s’arrête tout de même boire un verre avant d’aller se coucher… et puis après quelques discussions de comptoir avec les locaux, l’ambiance commence peu à peu à monter, le rythme sud américain commence à se faire ressentir, le rhum aussi d’ailleurs ! on finit chez un couple de chiliens très cool ou je me surprends à faire le traducteur, enfin c’est pas non plus une conférence internationale mais comme quoi l’alcool ça dés inhibe pas mal…
pas le temps d’aller se coucher, il est cinq heures et demie du mat et on doit se lever à six et demie pour aller voire le soleil se lever sur les moais…. petit concours de cocorico avec mon pote australien ou l’on réveille tout le monde, enfin vous voyez le genre… d’ailleurs, j’ai fini le lever du soleil allonger dans la voiture !
Dimanche de Pâques, ou j’ai plus la tête à retrouver mes esprits qu’a chercher les oeufs dans le jardin… on se balade dans le village, entre tous ces chevaux qui trottent dans la rue, on salue une femme à bord de son taxi, qui fait demi tour et vient nous parler… qu’est ce qu’elle veut ? et bien nous promener sur l’île toute l’après midi pour pas un rond ! ils sont pas trop gentils les rapa nui ? en plus, elle nous fait découvrir des endroits que nous n’aurions même pas soupçonné, des grottes en veux tu en voilà, cette île est percée de partout ou quoi ? des grottes gigantesques, dont certaines débouchent sur l’océan, impressionnant !
Dernière soirée, ou j’ai l’agréable surprise de voire notre ami pedro nous cuisiner du poisson au barbecue en guise d’au revoir, ah oui, mais on est déjà invité chez nos potes chiliens ? tant pis, on mangera deux fois…
Comme vous pouvez le voire, mon passage sur cette île fantastique n’aura pas été aussi calme que ça, dire qu’il y pas plus de trente ans, les habitants de l’île ne voyait passer qu’un bateau par an. Les rapa nui sont vraiment adorables !!!































